Morgane Langlois Gautier, responsable du pôle SI Santé, Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) : « L’interopérabilité est au cœur des enjeux du numérique en santé »

Comment le numérique peut-il constituer une avancée pour les acteurs de la santé et pour les usagers?

Le CTIP participe à de nombreux programmes où le numérique permet de simplifier le parcours du consommateur et / ou du producteur de soin. Rappelons que la France a été le premier pays en Europe à se doter de la Carte vitale au début des années 2000, qui a rendu possible la dématérialisation des feuilles de soins. Le CTIP fait partie du groupement d’intérêt économique SESAM-Vitale.
Autre exemple : les premiers portails de téléconsultations, en coopération avec les institutions de prévoyance. Ces innovations sont progressivement tombées dans le droit commun. Mais cela nécessite un long travail sur l’uniformisation des pratiques. On ne peut généraliser ces usages numériques qu’une fois établis les référentiels d’interopérabilité entre les différents systèmes d’information en santé.
Il y a des attentes très fortes pour une simplification et une meilleure efficience des parcours de soin et le numérique constitue une solution. Nous travaillons sur plusieurs programmes communs avec les acteurs du système (la CNAM, l’Agence du Numérique en Santé), qui visent à améliorer la qualité du service rendu aux patients et aux professionnels de santé, tel que la future application Carte Vitale AMCV.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le dispositif ROC (Remboursement des Organismes Complémentaires) ?

Le dispositif ROC vise à simplifier l’application du tiers payant sur la part complémentaire dans les établissements hospitaliers, grâce à la dématérialisation des flux d’information entre ces derniers et les complémentaires santé. Jusqu’à présent, les patients recevaient parfois des mois après leur séjour à l’hôpital, un avis du Trésor public avec une facture à régler. ROC constitue une réelle avancée à la fois pour les patients qui sauront en temps réel le reste à charge, les aides dont ils peuvent bénéficier par exemple durant l’hospitalisation ou à leur retour à domicile. Pour les établissements, c’est aussi une simplification et une sécurisation des procédures de facturation et de recouvrement. Et pour les complémentaires santé, c’est une amélioration de l’efficience globale du tiers payant complémentaire. ROC est en cours de déploiement dans 50 hôpitaux publics et va être progressivement généralisé à l’ensemble du territoire puis aux établissements privés.
Coconstruit par les représentants des AMC et la direction générale de l’offre de soins (DGOS), l’enjeu de ROC a été une fois encore l’interopérabilité. Il ne s’agissait pas tant d’un défi informatique ou de sécurité, que de parvenir à harmoniser les processus et à bâtir un dictionnaire commun.

Le CTIP représente l’ensemble des institutions de prévoyance, organismes d’assurance de personnes à but non lucratif, à gouvernance paritaire et spécialisés dans le contrat collectif.